Point dâentrĂ©e Ă internet, appareil photo et camĂ©ra, bloc-notes, lecteur audio et vidĂ©o, console de jeux portable, GPS et enfin tĂ©lĂ©phone… le smartphone a remplacĂ© Ă©normĂ©ment dâappareils et est depuis quelques annĂ©es le vecteur de rĂ©fĂ©rence pour la captation de lâattention.
Bien que satisfait de mon Fairphone 4 â jâen ai parlĂ© dans une prĂ©cĂ©dente publication â il me trotte en tĂȘte depuis quelques mois lâidĂ©e de le mettre au repos pour mâĂ©quiper Ă la place dâun tĂ©lĂ©phone traditionnel que lâon appelle dĂ©sormais dumbphone ou featurephone, moins Ă©nergivore humainement comme Ă©lectriquement parlant. Si cette dĂ©marche peut paraĂźtre relativement simple sur le papier et concernant un simple changement dâhabitude, en rĂ©alitĂ© les implications sont plus nombreuses et jâai pris vĂ©ritablement conscience Ă travers cette rĂ©flexion que se passer dâun smartphone nâest pas un choix si aisĂ© ni individuel que cela.
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De la pauvretĂ© de lâoffre
Il y a une vingtaine dâannĂ©es, jâavais choisi dâavoir un tĂ©lĂ©phone portable flambant neuf pour mon anniversaire. Jâavais jetĂ© mon dĂ©volu sur le trĂšs cĂ©lĂšbre (et toujours aussi canon) Motorola RAZR V3 ; le design Ă clapet avec Ă©cran externe, lâappareil photo, la fonctionnalitĂ© lecteur MP3, et le grand Ă©cran couleur auront autant Ă©tĂ© des arguments de choix que lâeffet de mode et le look me permettant dâavoir une certaine reconnaissance sociale au milieu de mes pairs. Je nâavais pas vraiment hĂ©sitĂ©, je voulais un RAZR V3 pour remplacer mon Samsung D500 dâoccasion. Pourtant Ă lâĂ©poque, il y avait plĂ©thore de choix parmi les modĂšles fabriquĂ©s par Nokia, LG, Sagem ou Sony Ericsson pour les marques qui me reviennent Ă lâesprit. Bien Ă©videmment aujourdâhui, on a presque tout autant de choix pour les marques de smartphone mais nettement moins de choix en ce qui concerne le systĂšme qui les anime (Android ou iOS sur les iPhone) ou encore leur identitĂ© stylistique. Tous les smartphones se ressemblent plus ou moins parce quâils partagent tous le mĂȘme form factor.
Cependant, en ce qui concerne les nettement moins populaires (et moins chers…) tĂ©lĂ©phones classiques, lâoffre sâest rĂ©duite comme peau de chagrin et il mâest apparu trĂšs difficile aujourdâhui de mâarrĂȘter sur un modĂšle me paraissant correct et provenant dâune marque rĂ©putĂ©e, me garantissant une qualitĂ© au moins acceptable et surtout du support ou une garantie que je pourrais faire jouer en cas de problĂšme. MĂȘme si ces appareils connaissent un trĂšs lĂ©ger regain de popularitĂ© parce quâil y a une prise de conscience de lâaddiction aux rĂ©seaux sociaux et de ses graves consĂ©quences, ce sont dĂ©sormais des produits de niche. Par consĂ©quent, une simple recherche sur internet au sujet des « dumbphones » ou des « featurephones » ne renverra rien de trĂšs concluant : je suis tombĂ© sur un nombre incalculable dâarticles gĂ©nĂ©rĂ©s et/ou traduits par IA ou simplement plus dâactualitĂ© ou bien sur des modĂšles qui ne sont plus commercialisĂ©s depuis des annĂ©es et qui ne se trouvent guĂšre dâoccasion Ă moins d’accepter leurs prix dĂ©lirants puisquâils ont Ă©tĂ© des rĂ©fĂ©rences sur ce marchĂ©.
Sâagissant dâune niche, jâai facilement trouvĂ© mon bonheur sur Reddit oĂč il existe un subreddit dĂ©diĂ© aux dumbphones (r/dumbphones). En rĂ©alitĂ©, le choix nâa pas lâair si restreint de prime abord ; cependant une partie non-nĂ©gligeable dâentre eux ne sont pas distribuĂ©s en Europe et ne fonctionnent pas sur les frĂ©quences utilisĂ©es sur le Vieux Continent. Il reste ensuite les tĂ©lĂ©phones conçus pour des usages exigeants (rĂ©sistance aux chocs accrue, utilisation Ă des tempĂ©ratures faibles ou Ă©levĂ©es, etc.) et donc au design Ă lâunisson, les tĂ©lĂ©phones Ă destination dâune population ĂągĂ©e et les appareils un peu hybrides comme le Punkt. MP02, le Dumbdroid ou le Light Phone mais qui ne sont pas des « dumbphones » Ă proprement parler et donc hors catĂ©gorie, y compris budgĂ©taire, et enfin quelques modĂšles, essentiellement de la marque HMD (Nokia).
Je savais bien que je nâallais pas avoir un catalogue Ă©tendu de modĂšles et que des concessions devraient ĂȘtre faites. IdĂ©alement, jâaurais aimĂ© avoir un modĂšle Ă clapet avec une possibilitĂ© de faire du partage de connexion 4G pour avoir malgrĂ© tout un point dâaccĂšs Ă internet mobile si besoin â jây reviendrai plus tard. Je nâavais pas besoin dâun appareil photo, dâune radio FM, dâun lecteur MP3 ou quoi que ce soit : juste un tĂ©lĂ©phone capable dâĂ©mettre des appels, des messages texte et dâen recevoir, avec une connectivitĂ© 4G puisque les rĂ©seaux 3G vont ĂȘtre dĂ©commissionnĂ©s prochainement, et qui soit plutĂŽt agrĂ©able Ă regarder, histoire de ne pas juste ĂȘtre dans le fonctionnel Ă©tant particuliĂšrement sensible Ă lâesthĂ©tique.
Je mâarrĂȘte donc sur les modĂšles fabriquĂ©s par HMD. Il y a lâinterprĂ©tation moderne de lâinĂ©narrable 3310, quelques autres modĂšles dâentrĂ©e de gamme et un modĂšle Ă clapet. La grande majoritĂ© des autres modĂšles prĂ©sentĂ©s nâest plus en stock et plus fabriquĂ©e. Je mâintĂ©resse au modĂšle Ă clapet, le 2660 Flip qui est un modĂšle vieux de 4 ans, lĂ©gĂšrement rafraĂźchi il y a 2 ans. Les avis des propriĂ©taires me laissent quelque peu circonspect par rapport Ă la durĂ©e de vie de la batterie et de la qualitĂ© de conception de lâappareil, que ce soit dâun point de vue matĂ©riel comme logiciel. Il semblerait par ailleurs que certains de ces maux soient partagĂ©s avec dâautres modĂšles du fabricant. Il convient cependant de rĂ©aliser quâĂ 80 euros, il est difficile dâexiger un appareil conçu pour 10 ans, surtout quâil sâagit ici dâun marchĂ© de niche. Je considĂšre donc les autres modĂšles de ce fabricant et mĂȘme les fonctionnalitĂ©s de base ne semblent pas ĂȘtre aux attendus : les avis remontent une qualitĂ© dâappel passable et une connexion au rĂ©seau peu fiable, un comble pour des tĂ©lĂ©phones… qui nâont pour fonctionnalitĂ© que celle de tĂ©lĂ©phoner ! De plus, ces terminaux nâoffrent pas de fonctionnalitĂ© de partage de connexion 4G, qui est plutĂŽt embĂȘtant dans mon cas dâusage.
Je dĂ©cide donc de regarder ce qui se fait chez les autres fabricants (Alcatel, Panasonic…) mais je fais chou blanc. Je trouve des exemplaires Ă vendre sur des plateformes de vente de sites hi-tech connus de la part de vendeurs inconnus ou Ă la rĂ©putation douteuse, sans savoir exactement quelle est lâorigine du tĂ©lĂ©phone, sâil sâagit dâun modĂšle europĂ©en ou amĂ©ricain, si je vais pouvoir faire jouer la garantie ou trouver une batterie de rechange si jamais celle-ci lĂąche au bout dâun an, etc. il me reste alors lâoption de la seconde main mais les prix sont ridicules et 2 Ă 3 fois plus Ă©levĂ©s que le neuf dâil y a quelques annĂ©es, et la dĂ©prĂ©ciation des rĂ©seaux 2G et 3G nâaide pas puisquâelle va Ă©purer tout un tas dâappareils encore parfaitement fonctionnels.
En conclusion, le premier Ă©cueil rencontrĂ© dans cette dĂ©marche dâabandon du smartphone aura Ă©tĂ© de trouver un appareil pouvant le remplacer pour ses fonctions de base ! Jâaurais pu passer sur le 2660 Flip de HMD mais il nâest Ă lâheure de la rĂ©daction de cette publication, plus en stock, et ne propose pas de partage de connexion 4G.
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De la dépossession physique
Je dĂ©cide donc de mettre de cĂŽtĂ© la recherche dâun featurephone en me disant que je peux me tenir au courant du marchĂ© et patienter la sortie dâun modĂšle plus abouti et mieux conçu. Le remplacement de mon Fairphone sur lequel jâĂ©coute de la musique, je prends des notes et je fais de maniĂšre sporadique des photos doit donc se faire en parallĂšle de lâacquisition dâobjets me permettant de rĂ©pondre Ă ces besoins.
Abordons le sujet de la musique. Ici aussi, le marchĂ© des baladeurs audio a bien changĂ© et si clairement les appareils et marques populaires ont dĂ©sertĂ© le marchĂ© (Apple et lâiPod, Creative et sa gamme Zen, entre autres…), les mĂ©lomanes sont suffisamment nombreux·ses et fortuné·e·s pour reprĂ©senter une source dâintĂ©rĂȘt pour des marques connues du grand public comme Sony, ou alors plus discrĂštes comme Cowon, FiiO, HiBy, etc. RĂ©sultat, il est assez aisĂ© de trouver un lecteur audio permettant de remplacer les fonctionnalitĂ©s intĂ©grĂ©es du smartphone, peu importe son budget. Jâavais retenu le HiBy X1 qui se trouve pour moins de 100 euros, par exemple. Tout Ă fait modernes, avec Ă©cran tactile, systĂšmes dâexploitation maison sur base GNU/Linux ou Android, connectivitĂ©s Bluetooth et WiFi, ces appareils peuvent gĂ©rer des milliers de titres sur leurs mĂ©moires dĂ©diĂ©es et extensibles via des cartes MicroSD â ils me font penser aux baladeurs de feue la marque française Archos.
Sâil est relativement facile dâacquĂ©rir un appareil permettant dâĂ©couter de la musique, la maniĂšre dont celle-ci est consommĂ©e est bien diffĂ©rente de nos jours. Avant la dĂ©mocratisation des plateformes de streaming, il Ă©tait nĂ©cessaire dâemprunter, louer ou acheter les CD (ou les cassettes, pour les plus Ăągé·e·s dâentre nous…). En achetant un mĂ©dia physique, lâartiste touchait sa (maigre) rĂ©munĂ©ration. Ce modĂšle a changĂ© avec lâavĂšnement du numĂ©rique. Le piratage aura Ă©tĂ© la bĂȘte noire de lâindustrie au courant des annĂ©es 2000, jusquâĂ ce que des plateformes Ă©mergent pour suivre lâĂ©volution de la tech, de maniĂšre plus ou moins lĂ©gale (radio.blog.club, par exemple) et façonner une nouvelle maniĂšre de consommer la musique. Aujourdâhui, lâĂ©norme majoritĂ© de la musique consommĂ©e lâest sur les plateformes de streaming et les artistes sont rĂ©munĂ©rĂ©s en fonction du nombre dâĂ©coutes (et dans la rĂ©alitĂ©, sans grossir le trait, 1% des artistes se partagent 99% des recettes). Le smartphone Ă©tant la porte dâentrĂ©e Ă internet, nâimporte quel·le utilisateur·ice abonné·e Ă ce type de service peut avoir accĂšs Ă des milliers de titres et consommer comme il ou elle le souhaite, lâartiste touchant sa part.
Si on abandonne le smartphone, on retourne donc au paradigme des annĂ©es 2000, sauf que le mode de consommation est bien actuel. Bien quâil soit toujours possible dâacheter les albums physiques dâartistes populaires, câest dĂ©jĂ plus compliquĂ© lorsque lâon cherche des artistes moins connus ou qui ne produisent plus de mĂ©dia physique, il peut ĂȘtre nĂ©cessaire de passer par de lâimport â rien qui ne soit fondamentalement impossible cependant. Mais une fois que nous avons le disque entre les mains, que peut-on en faire ? Ce nâest pas comme si nous avions encore des lecteurs optiques dans nos PC, nous permettant de « ripper » ledit CD dans un format numĂ©rique lisible par notre baladeur. Se pose aussi la question du catalogue : chaque single, album, compilation, doit ĂȘtre prĂ©alablement empruntĂ©e, louĂ©e ou achetĂ©e (et encore, je nâai pas une connaissance exacte de la lĂ©gislation sur la copie privĂ©e). Il nâest pas possible de se laisser porter par des recommandations algorithmiques ou de se dire quâon se lancerait bien finalement tel ou tel album. Toute la musique doit exister en local sur lâappareil.
Ăvidemment, dans le process dâacquisition des fichiers numĂ©riques, il est tout Ă fait possible mais illĂ©gal de tĂ©lĂ©charger des fichiers piratĂ©s comme cela Ă©tait monnaie courante Ă lâĂ©poque. Si cela est sans doute la maniĂšre la plus directe dâacquĂ©rir en masse de la musique pour blinder la mĂ©moire du baladeur et avoir un catalogue Ă©tendu, cela pose un gros problĂšme Ă©thique puisque les artistes ne sont pas rĂ©munĂ©ré·e·s. Si, Ă titre personnel, jâai une aversion pour le modĂšle Ă©conomique du streaming et Spotify tout particuliĂšrement et son CEO qui provoque en moi des diarrhĂ©es aiguĂ«s, jâai tout autant une aversion pour le vol de la crĂ©ation artistique (je nâai pas toujours eu autant de scrupules Ă ce sujet, cela doit ĂȘtre la sagesse qui vient avec lâĂąge…).
De ce fait, je suis quelque peu dans une impasse. Je pourrais me dire que je peux tĂ©lĂ©charger plus ou moins lĂ©galement la musique que je consomme et continuer dâacheter les CD, vinyles et autres goodies des artistes qui me sont le plus chers en plus dâaller Ă leurs concerts et de profiter du merch sur place, mais le fait dâappliquer une Ă©chelle de valeurs ne me rĂ©jouit pas particuliĂšrement, mĂȘme si dans le fond, cela me ferait moins mal de pirater le douziĂšme remaster de The Dark Side of the Moon que The Blue Nowhere de Between the Buried And Me. Ici, finalement, lâennemi du retour en arriĂšre technologique nâest pas tant lâabsence de produit de remplacement comme cela peut lâĂȘtre pour le tĂ©lĂ©phone, mais plutĂŽt le modĂšle de consommation de la musique qui a totalement changĂ© et dont nous sommes devenus otages si jamais nous ne souhaitons pas faire une croix sur la lĂ©gitime rĂ©munĂ©ration des crĂ©ateurs qui sont la raison pour laquelle nous nous posons cette question, finalement. Je ne me voile pas la face sur le confort procurĂ© par lâabondance et la facilitĂ© du choix musical sur les services de streaming, sans pour autant oublier quâil sâagit sans doute dâun besoin bien exacerbĂ© de toutes piĂšces par lâindustrie et qui finalement ne profite pas du tout aux crĂ©ateur·ice·s.
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De la tentation ou nĂ©cessitĂ© de sâĂ©quiper
La fonctionnalitĂ© de baladeur audio ayant Ă©tĂ© abordĂ©e dans la section prĂ©cĂ©dente, je vais mâatteler ensuite de maniĂšre plus succincte aux autres rĂŽles que peut endosser le smartphone.
Le premier est celui dâappareil photo. Si lâapparition dâobjectifs dans les tĂ©lĂ©phones a prĂ©cĂ©dĂ© le smartphone, ceux-ci Ă©taient assez rustiques et Ă©taient juste bons pour faire des clichĂ©s dâappoint, gĂ©nĂ©ralement pour ĂȘtre mis en fond dâĂ©cran, sans vocation Ă ĂȘtre imprimĂ©s ou vĂ©ritablement partagĂ©s. Cependant, lâĂ©volution de la technologie et la dĂ©mocratisation des smartphones aura eu raison du marchĂ© des appareils photo compacts, qui offraient une qualitĂ© de prise de vue bien supĂ©rieure aux tĂ©lĂ©phones portables. Avec le temps, nos « besoins » ont ensuite Ă©voluĂ© puisquâaujourdâhui les appareils photos intĂ©grĂ©s dans les smartphones servent Ă prendre des selfies, faire de vĂ©ritables clichĂ©s plus qualitatifs quâavec les rares appareils photo compacts encore commercialisĂ©s, scanner des documents, des QR code ou encore sâauthentifier pour des paiements en ligne. Au moins, en troquant le smartphone pour un cellulaire traditionnel, ces besoins passent Ă la trappe puisquâils ont Ă©tĂ© créés de toutes piĂšces par les usages possibles avec un smartphone. MĂȘme si je prends assez peu de photos â je ne considĂšre pas ma vie comme suffisamment intĂ©ressante pour prendre des clichĂ©s de mon visage ou de mes proches environnements toutes les heures et les partager Ă des gens que je ne connais pas, jâadmets quâaprĂšs quasiment 20 ans Ă avoir un appareil photo dans la poche, aussi mĂ©diocre fĂ»t-il Ă ses dĂ©buts et aussi suffisant puisse-t-il ĂȘtre aujourdâhui, je crois bien que jâaurais du mal Ă revenir en arriĂšre sur ce point et je serai frustrĂ© de ne pouvoir capturer la faune ou la flore, une situation cocasse ou simplement un dĂ©tail lors de mes pĂ©rĂ©grinations urbaines. Jâai donc engagĂ© des recherches au sujet des appareils photo ; concrĂštement, Ă part le trĂšs Ă la mode PolaroĂŻd instantanĂ© pour lequel mon cynisme me fait dire que 9 appareils sur 10 doivent dormir dans un tiroir avec la batterie HS, il nây a pas beaucoup de choix de produits neufs Ă des tarifs acceptables. Bien Ă©videmment, si on lorgne sur un compact haut de gamme, un bridge, reflex ou hybride, il y a du choix, mais Ă un prix nettement plus Ă©levĂ© et avec un encombrement somme toute significatif. Pour ma part, je ne me vois pas embarquer dans mon sac Ă dos un appareil Ă plus de 500 euros pour pouvoir, quelques fois par mois prendre une photo. A la diffĂ©rence du marchĂ© de lâaudio, la photo ne semble pas vraiment laisser de place pour des petits budgets et des usages sporadiques. Il paraĂźt donc plus avisĂ© de sâorienter vers des appareils photo dâoccasion, mais on se lance alors dans un autre type de recherche : ces appareils Ă©tant vieillissants, si celui-ci est Ă©quipĂ© dâune batterie, il faut quâelle soit en bon Ă©tat. Que dire Ă©galement de la qualitĂ© des clichĂ©s ? Les photos rĂ©alisĂ©es par un compact qui a 10 ans seront, Ă mon humble avis, loin de celles rĂ©alisĂ©es par un smartphone moderne de milieu de gamme, mon expĂ©rience avec un appareil Sony avant dâavoir un iPhone 3GS mâayant laissĂ© plus que circonspect sur ce point.
Le deuxiĂšme rĂŽle est celui de calepin. Ici, câest assez simple : un stylo et un petit carnet ne coĂ»tent pas trĂšs cher et peuvent prendre place dans le sac Ă dos que je transporte au quotidien dĂšs que je sors de chez moi â câest dĂ©jĂ le cas, par ailleurs. Bien quâĂ©videmment pas aussi pratique ni complet quâun outil de prise de note sur smartphone, je trouve que lâĂ©criture manuscrite a son charme et un retour en arriĂšre technologiquement parlant ne me pose pas de problĂšmes. Il me suffirait, si je le souhaite, de recopier ces notes sur mon logiciel de prise de notes une fois sur mon ordinateur Ă la maison.
Un troisiĂšme rĂŽle, et non des moindres, câest celui de GPS. Je ne me sers pas souvent de la voiture car je privilĂ©gie les transports en commun lorsque je rĂ©alise mes dĂ©placements pendulaires et le train lorsque je quitte la ville ; mais lorsque je prends la voiture, câest gĂ©nĂ©ralement pour une bonne raison et du coup, je me sers du GPS intĂ©grĂ© Ă mon smartphone pour aller Ă ma destination sereinement. Je possĂšde, Ă lâheure de la rĂ©daction de cette publication, une Abarth 595 qui est Ă©quipĂ©e dâune tĂ©lĂ©matique avec GPS : je pourrais donc tout Ă fait mâen contenter mĂȘme si je ne suis pas certain ni quâil soit parfaitement Ă jour, ni que jâaie envie de mâacquitter des frais de mise Ă jour si cela Ă©tait possible. Les alternatives comme la bonne vieille carte papier existent toujours, comme les itinĂ©raires Viamichelin ou Mappy. Finalement, si câest important pour moi dâavoir un GPS lorsque je prends la voiture pour un trajet inhabituel, jâen rĂ©alise suffisamment peu pour pouvoir concĂ©der du confort et ne plus bĂ©nĂ©ficier de celui intĂ©grĂ© Ă mon smartphone.
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De la déconnexion et de la fin de la disponibilité
Mais au quotidien, jâutilise mon smartphone pour rester « connecté » socialement parlant, grĂące aux applications de messagerie qui ont, en Europe en tout cas, largement remplacĂ© lâusage des SMS voire des appels vocaux : WhatsApp, Signal et Telegram ne sont Ă©videmment pas disponibles sur des tĂ©lĂ©phones mobiles traditionnels. Je ne parle pas tant des rĂ©seaux sociaux puisque je nây suis pas, Ă part LinkedIn, mais ceux-ci ont aussi des fonctionnalitĂ©s de chat qui peuvent permettre dâĂ©changer. Sans smartphone, il me reste cependant la possibilitĂ© de les utiliser via leurs interfaces web ou leur applications pour PC : je pourrai Ă©changer en Ă©tant donc sur un PC, donc au travail ou chez moi, mais pas en mobilitĂ©. Ici, il faut donc que les personnes avec qui jâĂ©change sâadaptent Ă mon nouveau « fonctionnement » et mâadressent des SMS plutĂŽt que des messages que je ne peux consulter. Comme Ă lâĂ©poque oĂč jâai supprimĂ© mon compte Facebook, je crains de me couper quelque peu de certaines personnes qui ne feront pas lâeffort de changer leurs habitudes de communication Ă mon Ă©gard mais je pense que câest un peu Ă©goĂŻste de ma part de reprocher aux gens de ne pas faire cet effort. Je suis prĂȘt Ă accepter les consĂ©quences de ce choix.
Jâabordais plus haut la fonctionnalitĂ© de partage de connexion 4G. Sâil est Ă©videmment possible de sâen passer, cela reste un vĂ©ritable atout pour moi puisque cela permet en cas de besoin dâaccĂ©der Ă internet via un autre appareil (par exemple, une tablette) pour consulter un itinĂ©raire, commander un VTC, vĂ©rifier lâĂ©tat du rĂ©seau de transports en commun, etc. Aujourdâhui, force est de constater que bien des usages sont issus du smartphone et de cette connexion internet permanente, et que sâorganiser autrement demande de vĂ©ritables concessions et lâimplĂ©mentation dâalternatives. NĂ©anmoins, on peut remettre en question lâintĂ©rĂȘt de la dĂ©marche de dĂ©connexion si câest pour remplacer un smartphone par un tĂ©lĂ©phone avec point dâaccĂšs 4G partagĂ© pour avoir internet sur un autre appareil â surtout que cela ne rĂ©pond quâĂ un besoin en mobilitĂ©, loin dâun ordinateur. Cela peut permettre dâapprocher la transition en douceur et malgrĂ© tout dâopĂ©rer un changement dâhabitudes puisque lâappareil ne servira que pour des usages ponctuels au lieu dâĂȘtre directement accessible Ă portĂ©e de doigts. Ainsi, il reste possible de rester malgrĂ© tout « connecté » pour utiliser certains services de maniĂšre sporadique tout en Ă©tant libre de notifications et de tout le profilage rĂ©alisĂ© grĂące au smartphone.
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Du besoin de conclure
En conclusion, si je nâai pas franchi le pas aujourdâhui, câest parce que de multiples facteurs rentrent en jeu : la pauvretĂ© de lâoffre de tĂ©lĂ©phones classiques â couplĂ©e Ă la dĂ©commission des rĂ©seaux 2G et 3G, mon Ă©chec Ă trouver un compromis Ă©thique et moral concernant la consommation de musique hors des plateformes de streaming ainsi que le manque de rĂ©flexion autour dâalternatives Ă des services « connectĂ©s » nĂ©cessitant un smartphone, ou au moins, un accĂšs Ă internet.
En rĂ©alitĂ©, je pense que si jâavais dĂ©nichĂ© un tĂ©lĂ©phone bien conçu, jâaurais Ă©tĂ© capable de faire des concessions sur le partage de connexion 4G et cela mâaurait permis de mettre le pied Ă lâĂ©trier concernant cette dĂ©marche, et le reste serait venu tout seul. Jâaurais Ă©tĂ© plus contraint Ă trouver un compromis pour la musique et je me serais adaptĂ© pour les quelques fois oĂč je commande un VTC ou jâai besoin de trouver mon chemin Ă pieds ou un point dâintĂ©rĂȘt quelconque. Comme le smartphone est aujourdâhui le point dâentrĂ©e Ă internet, un bon tĂ©lĂ©phone cellulaire aurait Ă©tĂ© le point dâentrĂ©e de cette dĂ©marche. Je nâai pour autant pas abandonnĂ© cette idĂ©e, je mâarme de patience et continue dâalimenter cette rĂ©flexion pour franchir le pas lorsque je serai finalement prĂȘt.